vendredi 9 novembre 2012

Investisseurs, comment sélectionner vos startups ?

Les fonds personnels étant limités (du moins les miens !) nous sommes bien obligés de faire un choix parmi de nombreuses belles startups. On dit qu’on apprend plus de ses erreurs que de ses succès. Et pour ma part… j’ai beaucoup appris !

Que vous en soyez  à votre premier investissement ou non, j’espère que vous en retirerez quelques idées intéressantes.

Malhonnêteté ou incompétence ?

S’il existe des business angels qu’il vaut mieux éviter, faites également attention à certains  « entrepreneurs ».
Le doux rêveur : Il ressemble à un entrepreneur, il parle comme un entrepreneur mais ce n’est pas un entrepreneur. Ce porteur de projet (inexistant) tente de lever des fonds avec comme arguments une feuille de papier et une idée qu’il valorise évidemment 1M€. En général, le montant des fonds recherchés correspond étrangement au total des salaires qu’il compte se verser.

Le beau parleur : Il s’agit « d’entrepreneurs » devenus experts dans l’art de lever des fonds mais pas dans celui de lancer un produit. Ils en sont à leur énième levée de fonds, ont des charges d’exploitations (comprenez salaires…) élevées avec leur entreprise mais savent argumenter habilement pour justifier le retard que prend le lancement de leur offre.

Une fois passé ces quelques cas exceptionnels, voyons quelques idées pour bien choisir votre startup.

L’équipe, l’équipe et… l’équipe

Tous les investisseurs vous le diront. L’équipe est LE critère décisif.  Il vaut mieux une superbe équipe avec une idée moyenne que l’inverse.
Une des caractéristiques de la « dream team » est la complémentarité entre les fondateurs. Dans le cas d’une startup web par exemple, un profil orienté plus « commercial » associé à un profil « technique » évite d’externaliser le cœur d’activité de la startup et d’avancer rapidement puisque chacun connait son rôle.

Savoir anticiper, écouter, reconnaitre ses erreurs, accepter les problèmes quand ils surviennent, avoir l’esprit ouvert et être passionné par son produit fait partie des qualités appréciées chez un entrepreneur.

Personnellement, si la réponse à cette question « En cas d’échec de ce projet, serai-je prêt à investir de nouveau dans cette équipe ? » est non, je préfère m’abstenir d’investir.

Et ensuite ?

Une plateforme de crowdfunding pour relancer les entreprises

Nous évoluons dans un contexte économique difficile, la crise freine les banques et baisse le pouvoir d’achat des consommateurs. BoosterProject veut, d’un côté, aider les entreprises à trouver un autre mode de financement et leur apporter une clientèle fidèle, et de l’autre proposer aux consommateurs une nouvelle façon de consommer tout en profitant d’offres exclusives. Les deux parties doivent comprendre les besoins de l’autre pour créer une entraide.
Tout comme Brickstarter, cette solution est basée sur le principe du crowdfunding, c’est-à-dire que ce sont les internautes qui financent le projet. Pour les récompenser, le porteur de projet leur propose des offres commerciales. Chaque offre est associée à un « boost ». Par exemple -50% sur un produit en échange de 10€ pour le projet, -60% sur un abonnement en échange de 30€ de boost, c’est du donnant-donnant. L’internaute consomme utile, il s’implique dans un projet et profite d’offres qui ont du sens.

mercredi 31 octobre 2012

Pour la pub, on sait faire! "Say Oui to Innovation, Invest in France" dans le WSJ

Cette pub apparaît en ce moment sur le site AllThingsD, qui n'est autre que la section nouvelles technologies du Wall Street Journal.

Au moment ou le pays bouillonne sur les mesures fiscales, et anti-capitalistes, du gouvernement actuel, c'est quand même sympa de voir que l'argent des contribuables continue de promouvoir l'investissement en France. 

Sauf que tout investisseur américain qui demanderait à son conseil juridique ou fiscal de faire un petit rapport sur les avantages de s'installer en France ou en Irlande ou ailleurs en Europe, serait rapidement découragé.

Alors pourquoi faire de la pub quand on a un produit qui n'est vraiment pas compétitif...

lundi 29 octobre 2012

Les Pigeons tirent leur révérence

La médiatisation rend l’enjeu soulevé par les #geonpi  «polémique et politique » …
 
Monsieur Montebourg qui, samedi soir au Congrès du PS, dénigre les Pigeons avant … d’en appeler à « une économie de l’innovation » avec « une finance au service de l’économie réelle »… Monsieur Maurel qui, à ce même congrès, nous désigne comme un « quarteron de millionnaires connectés »…
 

Caricature électoraliste, posture politique, gesticulation médiatique, non écoute des vrais enjeux…
 

Les #geonpi ont donc décidé ce week end de suspendre leurs actions jusqu’au vote de la loi de finances par le Parlement : continuer à « presser » semble contre-productif… J’ai voté pour cette suspension lassé et frustré que je suis par l’attitude du « politique » à l’égard de ceux qui n’ont d’autres envies que de « construire des belles boîtes », trouver les financements nécessaires, créer des emplois et, si possible, … rester en France .
 

Madame Pellerin aurait pu être « la » Ministre des PME et de l’innovation si, au lieu de voir en nous un groupuscule de droite, elle avait entendu notre alerte concernant les risques portant sur la chaîne de financement et notamment le rôle-clé joués par les « business angels ». Une belle occasion ratée !
 

Monsieur Hollande aurait pu montrer aux entrepreneurs de croissance qu’il compte vraiment sur eux en donnant une suite à l’appel à concertation que 3.000 d’entre eux (représentant 100.000 emplois) lui ont remis la semaine dernière. Il n’a même pas accusé réception de ce manifeste !
 

Messieurs et Mesdames nos gouvernants et élus parlementaires, vous avez tous les éléments dans cette tribune pour « amender » de façon juste et efficace le projet de loi de finances.
 

Je suis à votre disposition avec mes amis co-rédacteurs du « Manifeste des entrepreneurs » pour vous éclairer sur ce qu’il conviendrait de faire pour ne pas affaiblir et entraver l’écosystème numérique. Je sais également que les autres secteurs d’avenir : biotech, medtech, cleantech, logiciel, jeu vidéo et tous les autres secteurs de croissance, font le même constat que nous sur les effets « anti-croissance et récessifs » de votre réforme « improvisée » qui, en l’état, propagerait un virus mortel pour les bébé-entreprises, extrêmement handicapant pour les jeunes entreprises et très affaiblissant pour les entreprises parvenant à l’âge adulte.
 

Bâtir des entreprises est plus compliqué et plus long que construire des logements locatifs mais c’est au moins aussi utile dans un pays au taux de chômage endémique. La création d’emplois dans les secteurs d’avenir, c’est important. Non ?

Nous comptons donc tous sur vous. Il s’agit simplement d’une question essentielle pour l’avenir de notre pays. 


#geonpi-ment votre !

par Jean-David Chamboredon

lire l'article en entier.

vendredi 26 octobre 2012

Quand nos élus délaissent les entreprises françaises et préfèrent les américaines

 
Notre classe politique sait prendre du bon temps
 
Ils sont partout, pour expliquer qu'il faut implanter plus de sociétés en France ! Fleur Pellerin à Boston, Holland à New York, Delanoe chez Twitter en Californie (on se demande pourquoi et sur quel budget ??). Ils se félicitent de leurs actions, je m'en étrangle presque!
Une fois de retour, ils sont tellement heureux de recevoir Google. C'est vrai, les boites françaises, c'est chiant. C'est plus marrant de s'afficher avec le riche Schmidt. Sans compter que les riches français, ils risqueraient de vous égorger avec vos 75% :)
Je leur accorde, c'est toujours plus sympa de faire la fête et de se montrer beaux en terres libérales que de rester en France pour travailler sur de vrais dossiers! 
Je suis en colère!
Vous allez me dire: c'est bien, ils se bougent. Oui, mais:
- D'une part on n'a pas besoin de faire la promotion de l'"attractivité" d'une région ou d'un marché. Il y a des fiscalistes, des analystes, des gens dont c'est le métier d'étudier ce qui est valable ou non pour la croissance d'une société. Et ce n'est pas en criant au monde entier qu'il est bon de s'installer en France que ça changera les chiffres que savent traiter ces experts. C'est même un aveu de faiblesse d'avoir à le faire.
- On les attend en France pour avancer sur des sujets très critiques...
- Et enfin, ils ne comprennent vraiment rien à la valeur que créée une société!
 
Que rapporte à la France une société US présente en France?
 
4000 sociétés US seraient présententes en France. La belle affaire! Il s'agit généralement de bureaux de vente. Un peu comme dans les pays en voie de développement, on installe des "sales offices" pour vendre un maximum de produits, et on prend soin de ne pas partager le savoir faire localement pour préserver son avance concurentielle. Et plus c'est virtuel, plus il est facile de se dédouaner de la fiscalité locale. Notre passé colonialiste devrait pourtant nous avoir appris de quoi il en retourne... 
Des exemples?
Amazon, la marque préférée des français, déclare un bénéfice sur la france qui est proche de zéro, et ne paie donc presque aucun impôt ici. Coté emplois? Des coursiers, et probablement un peu de centre d'appels. Une création de valeur bien faible, mais surtout... si c'était des sociétés françaises qui faisaient le travail d'Amazon, ce serait des impôts, des emplois qualifiés et beaucoup de savoir faire développés en France.
Google? 350 employés en France sur les 54 000 que compte le groupe. Pourtant la France représente plus de 5% du CA du groupe. Ils ne sont pas fous chez Google, ils ont bien compris qu'ils avaient interêt à ne rien partager. Je vous ferai bien le ratio chiffre d'affaire / employés, mais j'ai peur de m'étrangler là aussi. Est-ce que l'écosystème Français profite du savoir faire de Google? Bien sûr que non. Et si vous vous êtes déjà baladés dans les couloirs de Google en France, vous avez constaté comme moi qu'il y a surtout des expats qui viennent en France passer quelques années et repartent aussi vite. Concernant les taxes payées sur le territoires…
Dois je continuer le raisonnement ?
Seuls les centres de décisions crééent de la valeur à long terme pour une nation
Petite leçon à usage des (trop nombreux) élus qui n'auraient jamais mis les pieds dans une société: Le siège d'une entreprise est l'endroit ou l'on créée, ou l'on décide, ou l'on développe un savoir faire unique. C'est ce centre nevralgique qui apporte de la valeur à un pays sur le long terme.
Un bureau de vente, c'est là ou l'on s'arrange pour prendre l'argent localement, et le rapatrier ailleurs.
Quand on fait du marketing, on a l'habitude de dire qu'il faut s'occuper avant tout de ses clients existants, c'est eux qui sont les plus à même de faire rayonner votre marque. Le gouvernement devrait s'inspirer de ces bonnes pratiques et s'interesser dabord aux entreprises et entrepreneurs locaux !
Que faut il faire?
Chers élus, occupez-vous des entreprises qui sont déjà présentes en France. C'est leurs succès qui décidera d'autres entreprises à s'installer chez nous. Vous devez créer les conditions du développement de nouvelles entreprises par des entrepreneurs locaux en priorité. Les autres viendront d'eux même, conseillés par des fiscalistes et des analystes dont le metier est de leur indiquer le chemin de la croissance. Votre parole n'a, sur ce sujet, AUCUN crédit auprès des décideurs. Surtout auprès des étrangers. AUCUN.
Vous devez passer du temps à bien comprendre comment fonctionne cet écosystème plutôt que de parcourir le monde pour faire des discours qui n'ont aucune raisonnante et surtout aucun sens. Vous pensez pouvoir importer le modèle américain en France? Avec la politique que vous mettez en place en ce moment? NO FUCKING WAY! (vous l'avez entendu cette expression là bas…)
AU BOULOT mesdames, mesdemoiselles, messieurs!
 
Ajout suggéré par un lecteur sympatique: Jean-Philippe Fleury, Pdg de Materiel.net : « Pourquoi subventionner Amazon ? », le coup de gueule du patron de Materiel.net (made in France) contre les subventions françaises versées à Amazon...

4 French Investment funds are leaving France


Earlier this week, a tweet from Captain Dash founder and France’s “Digital Champion” for the EU, Gilles Babinet, got a fair amount of attention. This may be perhaps because Babinet’s tweet claimed that he knew of four different French investment funds who will be leaving France directly because of the tax changes. Just days later, the National Assembly (read: House of Reps) approved President Hollande’s controversial Tax changes, which, among other things, will raise the Capital Gains tax for VCs.
While the #geonpi managed to save entrepreneurs, it seems that the VC are being thrown under the bus. While #geonpi spokesperson Jean-David Chamboredon, GM of French VC firm ISAI (Blablacar, Commerce Guys, Shopmium, & more) continues to make TV appearances it seems that the movement has run out of steam, with only days until the French senate will approve the modified tax changes.

I contacted Babinet to get specifics on the investment funds, and while he can’t reveal every detal, he did say that Argos Soditic, a European Private Equity firm who, while they have not invested in many notable French web startups, have invested in France since 1989, represent nonetheless a loss for France. Babinet confirmed that “every significant asset holder is fleeing the country,” in response to the rising taxes on Capital Gains, as well as, likely, the 75% on personal income above €1 Million.
With companies like Criteo poised to IPO in the next year, returning investments to French VCs like Elaia Partners, these new tax changes represent a big dip in earnings for people like Marie Ekeland, who was the first VC to back Criteo, now worth an estimated $800M.

Comment bâtir la communauté de sa marque?

Comment réagiriez-vous si votre patron vous proposait de concevoir une communauté virtuelle pour promouvoir votre entreprise? Sauriez-vous quels éléments considérer afin d’assurer le succès commercial de cette initiative?

J’aborderai ces questions en m’inspirant des 7 principes de base mis en lumière par les chercheuses Susan Fournier et Lara Lee dans leur article, Getting Brand Communities Right du Harvard Business Review Magazine. Suite à la lecture de ce billet, vous pourrez questionner la pertinence d’une communauté virtuelle en tant que stratégie utilisée pour promouvoir l’image de marque de votre entreprise.

7 principes de base
 

  • Une communauté de marque n’est pas seulement une initiative marketing, mais aussi une stratégie d’entreprise.

Une communauté virtuelle ne se conçoit généralement pas selon la même logique qu’une campagne de marketing traditionnelle, c’est-à-dire acquérir un maximum de clients à court terme pour ensuite délaisser ces derniers au moment où la campagne prend fin. Les managers doivent être conscients que pour fonder une véritable communauté de marque, celle-ci doit s’inscrire à même la stratégie de l’entreprise ou son business modèle. En effet, une communauté virtuelle évolue à moyen et à long terme de manière à englober les trois facettes du marketing soit l’acquisition, la satisfaction et la rétention des clients. C’est donc pour cette raison que la communauté requerra un budget s’échelonnant sur plusieurs trimestres afin que les managers aient les ressources disponibles pour soutenir une équipe dédiée au projet pendant toute l’année. Ce faisant, l’équipe pourra établir un véritable lien entre l’entreprise et les clients ce qui permettra à l’entreprise d’être constamment à l’écoute des besoins des membres de la communaut
é et ainsi, démontrer une volonté à converser avec ces derniers. Harley Davidson est considérée comme une pionnière de cette approche, ainsi que Sid Lee; à eux deux ils insufflent cette vision à la marque Adidas Originals.
 

  •  Une communauté de marque n’existe pas au service de l’entreprise. L’entreprise est au service de sa communauté.

Pour qu’une entreprise réussisse à créer une communauté, elle doit comprendre que les futurs membres ne constitueront pas un groupe d’individus homogène caractérisé par le même besoin de reconnaissance sociale qui pousse ces derniers à s’associer à une marque ou à un groupe. En considérant cet aspect fondamental, l’entreprise pourra réellement être au service de sa communauté et ainsi répondre plus précisément aux différents besoins évoqués par ses membres. Par exemple, certains individus se joignent à une communauté afin d’y obtenir un support émotionnel ou un encouragement, d’explorer des façons d’aider les autres ou d’y cultiver des intérêts afin de pouvoir accomplir leurs propres activités.